L’Ile-Barbe depuis Saint-Rambert

Michel Grobon (1770-1853)
Fin 18e-début du 19e siècle
Michel Grobon, L’Ile-Barbe depuis Saint-Rambert - Photo Jérôme Pantalacci

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Ce petit panneau peint par Michel Grobon représente les vestiges de l’abbaye de l’Ile-Barbe, sujet de prédilection de l’artiste au début de sa carrière. La Saône y est ici représentée depuis la rive de Saint-Rambert que l’on devine au premier plan. Trois hommes sur une petite embarcation semblent pêcher, peut-être au filet, selon une technique caractéristique dite à l’épervier. Au second plan se dresse le cellier de l’abbaye de l’Ile-Barbe dont les cinq voûtes en plein cintre se reflètent dans la rivière.

Fondée au 5e siècle sur une île rocheuse de la Saône située au nord de Lyon, l’abbaye Saint-Martin de l’Ile-Barbe constitua l’un des plus grands et importants ensembles monastiques de la région au Moyen Âge. Les denrées destinées aux moines étaient acheminées par bateau par la rivière et déchargées sur la rive au niveau des voûtes ici représentées par l’artiste. Tonneaux et ballots étaient ensuite transportés à l’étage par un escalier qu’on devine au niveau de la cinquième arche, et  stockés dans une salle voûtée à l’étage. Le reste de ce bâtiment de plusieurs niveaux percé de nombreuses fenêtres donnant sur la Saône abritait des logements d’officiers monastiques, le dortoir des moines, des réserves et des greniers. Avant la Révolution, il abritait aussi la maîtrise et le réfectoire, divers services et les logements des chanoines chargés de dire la messe quotidienne après la sécularisation de l’abbaye au 16e siècle. Tout cet ensemble a été en grande partie arasé au 19e siècle pour créer des terrasses d’agrément d’une propriété privée. Il n’en reste aujourd’hui que les soubassements et quelques-unes des salles voûtées qui formaient le premier étage. Fuyant la guerre civile qui faisait rage à Lyon durant la Révolution, l’artiste s’installa à Saint-Rambert à partir de 1793 et se cacha quelques semaines chez un ami, qui le logea dans un pigeonnier. Il est fort possible que cette petite toile date de cette époque.

Située le long des voies de communication entre l’Italie et le nord de l’Europe, l’abbaye fut dessinée par de nombreux voyageurs à l’époque moderne. Le monastère saccagé par les troupes protestantes en 1562 fut progressivement abandonné et les bâtiments tombèrent en ruine. Le site devint un lieu de prédilection pour les artistes comme Grobon parcourant sa ville natale à la recherche de motifs pour ses paysages. Antoine Duclaux en fit en 1824 le sujet d’une de ses toiles, Halte des artistes lyonnais à l’Ile-Barbe, conservée au musée des Beaux-arts de Lyon

Fiche technique

Huile sur toile
Hauteur sans cadre : 23,5 cm
Largeur sans cadre : 30 cm
Hauteur avec cadre : 29,2 cm
Largeur avec cadre : 36 cm
Gadagne, musée d’histoire de Lyon, inv. N 4594

Michel Grobon, L’Ile-Barbe depuis Saint-Rambert - Photo Jérôme Pantalacci
Michel Grobon, L’Ile-Barbe depuis Saint-Rambert - Photo Jérôme Pantalacci

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