Le port du Temple et le pont volant

Joseph-Vézien Desombrages (1804-1873)
1832
Joseph-Vézien Desombrages, Le port du Temple et le pont volant

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Le peintre lyonnais Joseph-Vézien Desombrage a choisi de saisir l’activité du port du Temple, cœur battant du bassin de la Saône depuis l’Antiquité. Situé sur la rive gauche de la rivière au niveau du quartier des Célestins, entre Terreaux et la place Bellecour, le port du Temple s’avère central pour l’approvisionnement de la ville dans l’Ancien Régime.

Au premier plan, l’artiste représente différentes embarcations caractéristiques des activités fluviales : une batelière manoeuvre une bêche, petite barque à fond plat couverte d’une bâche assurant le transport des personnes d’une rive à l’autre. Deux grandes barques appelées savoyardes et transportant du bois sont au mouillage. À côté une penelle, reconnaissable au fait qu’elle est relevée à la proue et à la poupe, est chargée de tonneaux protégés par une bâche.

Au second plan les lavandières s’affairent sur deux bateaux-lavoir surnommées "plattes". La fumée blanche caractéristique du travail des blanchisseuses s’échappe des embarcations. À gauche un escalier mène au bas-port où s’affairent les riverains de ce quartier populaire. Au second plan, les premières arches d’un pont contrôlé par un péage.

L’activité du port du Temple et le trafic sur la Saône sont tels qu’on décide en 1780 de construire au niveau du quartier des Célestins un nouveau pont pour suppléer le pont de l’Archevêché, reliant Bellecour à Saint-Jean. Ce nouvel ouvrage officiellement nommé pont des Célestins relie le quartier au palais de Justice sur l’autre rive. Il repose sur douze bateaux pouvant bouger pour ouvrir les deux travées centrales pour laisser le passage à la navigation. Cette spécificité lui vaut le surnom de pont Volant. Emporté par les glaces lors de la débâcle de 1795, il est rapidement remplacé par un pont fixe en charpente construit par l’architecte Querville. Ce sont les deux première arches de ce nouveau pont de bois que Desombrages a peint ici. Lyonnais et Lyonnaises continuent par tradition à l’appeler pont Volant ou, pour le distinguer de son éphémère prédécesseur, le désignent parfois par le vocable de pont neuf. Gravement endommagé en 1824 et 1830, il est démoli en 1834 pour être remplacé par un pont suspendu. Un drapeau tricolore levé sur une cadole à gauche rappelle le régime de la Monarchie de Juillet instauré en 1830, deux années avant la création de cette toile.

Dans cette composition au ton clair et à l’atmosphère lumineuse rappelant les paysages de Michel Grobon, Desombrages emploie une palette à gris bleuté, de terres ocres et de roses dans une composition à la perspective maîtrisée. Il nuance avec subtilité le ciel nuageux, éclaire les maisons avec poésie. Les touches accentuées et libres donnent vie à cette vue  animée de mille détails sensibles, précis et précieux pour témoigner de l’activité intense qui régnait sur l’artère principale de Lyon que constituait la Saône au début du 19e siècle.

Fiche technique

Signature du peintre et date en bas à gauche
Huile sur toile encadrée hauteur : 48,5 cm
Largeur : 60 cm hauteur avec cadre 58,5 cm
Largeur avec cadre : 71,5 cm
Gadagne, musée d’histoire de Lyon, inv. 96.1

Acquis avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées de France, cofinancé par l’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Joseph-Vézien Desombrages, Le port du Temple et le pont volant

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