La grande vue de Lyon

Simon Maupin (1598 - 1668, dessinateur), David val Velthem (dates inconnues, graveur)
1625
La grande vue de Lyon, Simon Maupin - Photo Alain Basset

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Le premier plan de la ville de Lyon date de 1350. Les progrès des sciences géographiques, avec l’amélioration des compétences cartographiques, et l’invention de l’imprimerie en 1450 favorisent le développement des plans et cartes des villes, qui permettent de mieux administrer les territoires.

Simon Maupin dessine ce plan de Lyon en 1625, auquel il ajoute trois armoiries en partie supérieure : les armes de France et de Navarre au centre, celles de la ville de Lyon à droite, et le blason de Charles de Neufville de Villeroy (1566 - 1642), gouverneur de Lyon à partir de 1612. En partie basse, il ajoute à droite une allégorie du Rhône et à gauche une figure féminine tenant un caducée, qui pourrait être un symbole de la Saône. Elle se tient à côté d’un poème dédié à la ville de Lyon.

Il s’agit ici moins d’un plan que d’une vue scénographique de la ville. Maupin ne choisit pas un axe Nord-Sud pour la représenter, mais Est-Ouest. C’est une approche logique pour l’époque : au 17e siècle, la rive gauche du Rhône est encore peu développée car les zones de brotteaux, qui donnent plus tard leur nom au quartier du 6e arrondissement, ne sont pas aménagées. Il en va de même pour la zone de la confluence, dont les travaux d’assèchement et d’aménagement ne sont pensés qu’après la Révolution française. Maupin représente une presqu’île qui se termine à l’abbaye d’Ainay.

Il fait la part belle à la rive droite de la Saône, dont la colline de Fourvière - sans la basilique édifiée au 19e siècle - surplombe le reste de la ville. La cathédrale Saint-Jean-Baptiste ainsi que l’Antiquaille se démarquent des habitations. Sur la Presqu’île, la place Bellecour est facilement identifiable ; elle est plus étendue qu’actuellement, car la place est fermée par des constructions à partir du règne de Napoléon Ier. La célèbre statue équestre de Louis XIV n’est quant à elle inaugurée qu’en 1713. Dans le prolongement de Bellecour, le pont de la Guillotière, encore seul à permettre de franchir le Rhône jusqu’au pont d’Avignon, est fidèlement représenté avec un pont-levis, puisque l’entrée dans la ville était soumise à tarification.

C’est un Lyon tout à la fois familier et différent qui s’expose devant nos yeux, au maillage extrêmement dense, sans le plan urbanistique orthonormé voulu par le préfet Vaïsse. La colline de la Croix-Rousse est d’ailleurs peu construite, la majorité des terrains appartenant encore à des communautés religieuses.

Fils du célèbre médecin Alexandre Lacassagne et président des amis du musée Gadagne, le docteur Jean Lacassagne lègue cette œuvre à sa mort en 1960, ainsi qu’une esquisse pour le plafond de la salle du consulat et une bourse de 10 000 francs. 

Fiche technique

Gravure au burin sur papier
Hauteur : 63,2 cm
Largeur : 123,2
Gadagne, musée d’histoire de Lyon, inv. 60.6.1, don Lacassagne

La grande vue de Lyon, Simon Maupin - Photo Alain Basset

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