Guignol

Guignol, N° inv. D ATP.56.1.118

Reconnaissable à son visage rond, son bonnet de cuir et sa grande trique (la tavelle), Guignol rosse tous les gêneurs, brigands, propriétaires ou gendarmes. Il est accompagné de son ami Gnafron et de Madelon. 

Créé vers 1808 par Laurent Mourguet, Guignol est à l’origine destiné à un public populaire. Voix du petit peuple, esprit libre et frondeur, Guignol n’hésite pas à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. 

Pourtant, les élites lyonnaises s’emparent de sa figure dès les années 1850-1870 pour en faire un symbole identitaire. Guignol incarne peu à peu le prototype du caractère lyonnais : le « Canut » ouvrier tisseur, râleur mais honnête et laborieux. 

Guignol
Guignol

La Troisième République est une période de forte centralisation et de construction de l’État et de la Nation. Mais ce mouvement ne refuse pas les identités locales, à la condition qu’elles se rassemblent autour de valeurs communes. Ces « petites patries » sont à l’honneur, comme partie intégrante de la République, lors de grandes fêtes républicaines qui savent célébrer à la fois la Nation et les spécificités locales. Ainsi Guignol, devient une incarnation de « l’âme lyonnaise ».

En 1908, les cérémonies du centenaire de Guignol fixent de manière arbitraire sa naissance en 1808. L’érection du monument à la gloire de Guignol dans le Vieux Lyon en 1912 rassemble tout l’éventail de la vie littéraire, religieuse et politique lyonnaise. Une société se crée en 1913 pour sa défense : les Amis de Guignol. Reconnu officiellement comme élément du patrimoine lyonnais, Guignol est choisi comme emblème lors de l’Exposition internationale urbaine de 1914. Guignol se décline dans une multitude d’objets touristiques.
 

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