Coulisses des collections
Les acquisitions
Depuis la première ouverture du musée au public en 1921, les collections s’enrichissent régulièrement de nouvelles œuvres.
Dans la perspective de présenter un parcours muséographique plus complet et cohérent, le musée s'attache à combler les lacunes et à compléter les séries d'objets sur un thème et une période.
Le musée conduit en permanence une réflexion sur ce qu’il faut conserver de la période actuelle. Il collecte notamment dans les secteurs d’activités en voie de disparition, des objets ou des témoignages. Les achats, les dons ou les legs sont les différents moyens utilisés pour enrichir les collections.
À noter, toute acquisition nécessite l'accord de la commission régionale d'acquisition qui donne un avis scientifique. Il y a ensuite une délibération du conseil municipal de la ville de Lyon.
Les modes d'acquisition
Achat, dépôt, legs, don ou dévolution : les modes d’acquisition sont divers
Les achats
Les achats sont réalisés auprès de particuliers ou de ventes publiques. Dans le cas de pièces vraiment exceptionnelles, le musée peut faire valoir le droit de préemption de l’État lors d’une vente publique. Il se substitue ainsi au dernier enchérisseur et peut acquérir l’œuvre au dernier prix adjugé.
Gadagne a préempté 2 fois au cours de son histoire. En décembre 2006, pour acquérir le chapiteau médiéval Pèlerins d'Emmaüs de l'Abbaye de Savigny. Puis, en octobre 2007 pour une fontaine murale en faïence du 18e siècle attribuée au peintre en faïence lyonnais Pierre Mongis.
Les legs et les dons
Les dons et les legs constituent les moyens le plus courants pour le musée d'enrichir ses collections. Occasionnels ou réguliers, ils répondent à des motivations variées.
Les dépôts
Les dépôts sont une source ponctuelle et provisoire d'enrichissement des collections et peuvent provenir d'origines diverses.
Le musée d'histoire de Lyon conserve par exemple dans ses collections une lettre d'Henri IV déposée en 2007 par l'association Intersoie. Cette lettre signée et datée du 27 février 1603 est un mandement du roi instituant la levée des crédits nécessaires à la sériciculture et au façonnage des étoffes de soie dans la Généralité de Lyon.
La dévolution
Grâce à une convention relative à la dévolution du mobilier archéologique passé entre l'État, la Métropole de Lyon et la Ville de Lyon, les objets issus de fouilles archéologiques peuvent être transférés au musée.
Restaurer des oeuvres
La plupart des objets présentés au public à Gadagne est restaurée. Ce travail considérable est réalisé par une trentaine de restaurateurs d'œuvres d'art, externes à l'équipe de Gadagne.
Le travail des restaurateurs est une facette assez peu connue de la vie d’un musée… Pourtant, au cours de son histoire, une œuvre passe un jour ou l’autre dans leurs mains. Selon les matériaux dont est faite une œuvre, les techniques de restauration diffèrent. En effet, les restaurateurs ont chacun leur domaine de spécialité : toiles peintes, textiles, pierre, métal, céramique... Toutefois, un même principe sous-tend chacune de leur intervention : garder les traces d'usage de l'œuvre. Si la restauration vise à prolonger la vie d'un objet, elle ne doit pas le dénaturer pour autant. Invisible de loin, l'apport de la restauration se distingue de près à l'œil nu et surtout, peut s'enlever.
Traitement des collections
Une opération de grande ampleur a été conduite pour protéger les collections du musée d’histoire. Impressionnant, ce traitement par anoxie permet de traiter les objets infestés.
L'anoxie
Le traitement par anoxie, c'est-à-dire par privation d’oxygène, est une opération qui s’effectue sur les objets fragiles en bois, tissu, papier et toute autre matière organique. Il permet de tuer les insectes kératinophages (mangeurs de tissu, de papier…) et xylophages (mangeurs de bois) qui détériorent les œuvres. Les objets sont placés dans des enceintes étanches en forme de bulles pendant trois à quatre semaines. On y injecte de l’azote pendant que l’on baisse le taux d’oxygène.
La conservation préventive
Protéger les œuvres, dont certaines pièces remontent à l’Antiquité, prévenir de leur dégradation est le premier moyen dont dispose le musée pour conduire sa mission de conservation.
La conservation préventive d’une œuvre prend en compte les matériaux qui la constitue et son environnement immédiat
Humidité relative et température
Les variations climatiques sont un véritable danger pour les œuvres. Elles doivent donc être faibles et très progressives.
Prévention : mise en place d'un mode de gestion par système d'automate centralisé (GTC) qui télé-surveille les points sensibles et automatise la ventilation, le chauffage...
Lumière et éclairage
La lumière dégage des rayonnements ultraviolet et infrarouge ainsi que de la chaleur. Leurs effets sont cumulatifs et entrainent une décoloration irréversible des tissus, photographies…
Prévention : choix d'un éclairage adapté (qui peut sembler faible pour le visiteur), mise en place de stores ou de filtres anti-UV et, pour les collections les plus fragiles comme les photographies ou les gravures, programmer une rotation d'exposition des collections ou présenter des reproductions.
Polluants
Les polluants atmosphériques, la poussière, le chlore (le sel) s'incrustent partout. Ils attirent les insectes et les micro-organismes comme les champignons.
Prévention : mise en place de systèmes de filtration d'air.
Micro-organismes
Les micro-organismes, ou champignons, font des ravages. Ils apparaissent lorsque certaines conditions sont réunies : humidité, chaleur, obscurité et poussière.
Prévention : contrôle de l'humidité relative et de la température grâce à la climatisation, dépoussiérage.
Insectes
Les insectes les plus nuisibles aux collections appartiennent à deux grandes familles : les xylophages qui mangent le bois (petites vrillettes) et les kératinophages qui s’attaquent aux tissus (mites), papiers (psoques ou poisson d'argent).
Prévention : tout objet arrivant à Gadagne est mis en quarantaine pendant 1 mois, dépoussiéré puis, si nécessaire, traité par anoxie.
Une prévention au quotidien
À ces différents dispositifs de prévention, s'ajoutent :
- une surveillance humaine hebdomadaire,
- un dépoussiérage régulier des objets exposés et un nettoyage de l'intérieur des vitrines,
- le signalement par l'équipe des agents de surveillance des salles des musées de Gadagne d'éventuelles anomalies.