Coulisses des collections

Les acquisitions

Depuis la première ouverture du musée au public en 1921, les collections s’enrichissent régulièrement de nouvelles œuvres. 

Dans la perspective de présenter un parcours muséographique plus complet et cohérent, le musée s'attache à combler les lacunes et à compléter les séries d'objets sur un thème et une période. 

Le musée conduit en permanence une réflexion sur ce qu’il faut conserver de la période actuelle. Il collecte notamment dans les secteurs d’activités en voie de disparition, des objets ou des témoignages. Les achats, les dons ou les legs sont les différents moyens utilisés pour enrichir les collections.

A noter, toute acquisition nécessite l'accord de la commission régionale d'acquisition qui donne un avis scientifique. Il y a ensuite une délibération du conseil municipal de la ville de Lyon.

Récolement de boucles au MHL - Gadagne - © Gadagne, 2017
Récolement de boucles au MHL - Gadagne - © Gadagne, 2017

Les modes d'acquisition

Achat, dépôt, legs, don ou dévolution : les modes d’acquisition sont divers !

Les achats 

Les achats sont réalisés auprès de particuliers ou de ventes publiques. Dans le cas de pièces vraiment exceptionnelles, le musée peut faire valoir le droit de préemption de l’Etat lors d’une vente publique. Il se substitue ainsi au dernier enchérisseur et peut acquérir l’œuvre au dernier prix adjugé.

Gadagne a préempté 2 fois au cours de son histoire. En décembre 2006, pour acquérir le chapiteau médiéval Pèlerins d'Emmaüs de l'Abbaye de Savigny . Puis, en octobre 2007 pour une fontaine murale en faïence du 18e siècle attribuée au peintre en faïence lyonnais Pierre Mongis.


Les legs et les dons

Les dons et les legs constituent les moyens le plus courants pour le musée d'enrichir ses collections.

Occasionnels ou réguliers, ils répondent à des motivations variées. Colette Bidon, critique d’art, effectue régulièrement des dons de dessins, photographies, peintures ou bois gravés d’artistes lyonnais. L’Institut d’Études et de Recherches Maçonniques a signé une convention avec Gadagne et donne ouvrages, objets ou archives.


Les dépôts

Les dépôts sont une source ponctuelle et provisoire d'enrichissement des collections et peuvent provenir d'origines diverses. 

Le musée d'histoire de Lyon conserve par exemple dans ses collections une lettre d'Henri IV déposée en 2007 par l'association Intersoie. Cette lettre signée et datée du 27 février 1603 est un mandement du roi instituant la levée des crédits nécessaires à la sériciculture et au façonnage des étoffes de soie dans la Généralité de Lyon.


La dévolution

Grâce à une convention relative à la dévolution du mobilier archéologique passé entre l'État, la communauté urbaine de Lyon et la ville de Lyon, les objets issus de fouilles archéologiques peuvent être transférés au musée.

 

Des fleurs artificielles aux bijoux

Après avoir arrêté leur activité, les sœurs Randon ont donné le fonds de leur atelier de fabrication de fleurs artificielles à Gadagne. Plus récemment, c'est la SARL Melon qui a donné un lot d’objets, d’outils et d’archives liés à son activité de bijoutier.


La Couzonnaire

Lors des fouilles d’archéologie préventive réalisées pour la construction du parking Saint-Georges, en bords de Saône, de nombreux objets ont été exhumés. 

Parmi eux, sept barques lyonnaises, datant du 17e siècle, rejoignent les collections Gadagne. L’une d’elle, La Couzonnaire, est exposée hors les murs à la fosse aux Ours courant 2010.


Blanc et Demilly

Achat en vente publique de 5 lots de photographies de Théodore Blanc et Antoine Demilly.

Ces lots représentent des vues de Lyon des années 1930 à 1950 et des portraits de personnalités comme Edmond Locard. Ils contiennent également des fascicules des publicités de Blanc et Demilly réalisées vers 1930.

C’est en 1924 que Théodore Blanc et Antoine Demilly succèdent à leur beau-père Edouard Bron, photographe portraitiste alors reconnu pour ses portraits de la bourgeoisie lyonnaise. L’arrivée de ces deux jeunes photographes va donner un nouvel essor à l'Atelier Bron qui devient Studio Blanc et Demilly

Excellents techniciens, ils sont parmi les premiers en France à utiliser le 24/36 ou des appareils miniatures comme le Leica ou le Rolleiflex.

L'esprit toujours en éveil, ils développent une double activité commerciale et artistique. Le 20 avril 1935, ils ouvrent une galerie d’art exclusivement consacrée à la photo, fait très rare pour l’époque. En parallèle, ils illustrent de nombreux ouvrages dont les Aspects de Lyon en 1933. 

Pendant la guerre, Blanc et Demilly fréquentent un cercle d’intellectuels, d’artistes ou d’hommes de lettres réfugiés à Lyon. Ils côtoient aussi l’avant-garde lyonnaise et des peintres comme Pierre Combet-Descombes, Emile Didier…

En 1946, ils sont exposés en compagnie des plus grands comme Edouard Boubat ou Robert Doisneau au premier Salon national de la photographie à la Bibliothèque Nationale.

Gadagne conserve un ensemble de 256 tirages photographiques de Théodore Blanc et Antoine Demilly. En 2007 cette collection s’est enrichie de cinq épreuves originales des années 50.


4 Daguerréotypes

L'ancien propriétaire de ces daguerréotypes est l’arrière petit-fils d’un notaire lyonnais, Pierre François Bruyas. Amateur de photographies, il était en lien avec des photographes lyonnais dont Camille Dolard et peut-être Philippe-Fortuné Durand.

Après l’annonce officielle de l'invention d'un nouveau procédé appelé daguerréotype à l’Académie des Sciences en 1839, Lyon est rapidement gagné par la “daguerréomanie”. Une vingtaine de studios s’installent entre Rhône et Saône. 

Parmi ceux-ci il faut distinguer le cas très particulier du graveur Philippe-Fortuné Durand qui revendique le titre de la plus ancienne maison photographique française fondée en 1840.

Restaurer des oeuvres

La plupart des objets présentés au public à Gadagne est restaurée. Ce travail considérable est réalisé par une trentaine de restaurateurs d'œuvres d'art, externes à l'équipe de Gadagne.

Le travail des restaurateurs est une facette assez peu connue de la vie d’un musée… Pourtant, au cours de son histoire, une œuvre passe un jour ou l’autre dans leurs mains !

Selon les matériaux dont est faite une œuvre, les techniques de restauration diffèrent. En effet, les restaurateurs ont chacun leur domaine de spécialité : toiles peintes, textiles, pierre, métal, céramique...

Toutefois, un même principe sous-tend chacune de leur intervention : garder les traces d'usage de l'œuvre.

Si la restauration vise à prolonger la vie d'un objet, elle ne doit pas le dénaturer pour autant ! Invisible de loin, l'apport de la restauration se distingue de près à l'œil nu et surtout, peut s'enlever.

Restauration de l'oeuvre d'Etienne Martellange, Portrait d'homme, 1568, huile sur bois, N° Inv. 158 - © Gadagne, 2015
Restauration de l'oeuvre d'Etienne Martellange, Portrait d'homme, 1568, huile sur bois, N° Inv. 158 - © Gadagne, 2015

Le chantier des collections

Parallèlement à la rénovation de l'Édifice Gadagne au début des années 2000, un vaste chantier de conservation préventive des collections et de restauration des œuvres est entrepris.

Face à la nécessité de déménager les collections pendant les travaux, l’équipe programme trois études préliminaires sur l’état sanitaire de la collection.

Le verdict est sans appel : le mauvais état général des collections se double, pour certaines, d’un constat d’infestation par insectes.

De nombreux moyens sont mis en œuvre pour assurer la conservation et la pérennité des collections. Les pièces les plus fragiles sont restaurées.

Avant d’être traité, chaque objet fait l’objet d’un bilan de son état physique. Ensuite, il est nettoyé en surface à l’aide d’outils spécifiques : micro-aspirateur, brosses douces, pinceaux… Après cette opération, l’objet peut être conservé ou exposé dans de bonnes conditions.

Anoxie et rayons gamma

Afin d’éviter une contamination des nouveaux espaces lors du transfert des collections, une campagne de désinfestation de l'ensemble des collections organiques du musée est lancée. A terme, la totalité des collections, soit près de 100 000 objets seront ainsi traités par anoxie (privation d’oxygène) ou par rayons gamma. Un chantier d'une envergure exceptionnelle pour un musée !


Traitement des collections

Une opération de grande ampleur a été conduite pour protéger les collections du musée d’histoire. Impressionnant, ce traitement par anoxie permet de traiter les objets infestés.

L'anoxie

Le traitement par anoxie, c'est-à-dire par privation d’oxygène, est une opération qui s’effectue sur les objets fragiles en bois, tissu, papier et toute autre matière organique. 

Il permet de tuer les insectes kératinophages (mangeurs de tissu, de papier…) et xylophages (mangeurs de bois) qui détériorent les œuvres. 

Les objets sont placés dans des enceintes étanches en forme de bulles pendant trois à quatre semaines. On y injecte de l’azote pendant que l’on baisse le taux d’oxygène

La conservation préventive

Protéger les œuvres, dont certaines pièces remontent à l’Antiquité, prévenir de leur dégradation est le premier moyen dont dispose le musée pour conduire sa mission de conservation.

La conservation préventive d’une œuvre prend en compte les matériaux qui la constitue et son environnement immédiat 

Humidité relative et température 

Les variations climatiques sont un véritable danger pour les œuvres. Elles doivent donc être faibles et très progressives. 

Prévention : mise en place d'un mode de gestion par système d'automate centralisé (GTC) qui télé-surveille les points sensibles et automatise la ventilation, le chauffage etc...

Lumière et éclairage

La lumière dégage des rayonnements ultraviolet et infrarouge ainsi que de la chaleur. Leurs effets sont cumulatifs et entrainent une décoloration irréversible des tissus, photographies…

Prévention : choix d'un éclairage adapté (qui peut sembler faible pour le visiteur), mise en place de stores ou de filtres anti-UV et, pour les collections les plus fragiles comme les photographies ou les gravures, programmer une rotation d'exposition des collections.

Polluants

Les polluants atmosphériques, la poussière, le chlore (le sel) s'incrustent partout. Ils attirent les insectes et les micro-organismes comme les champignons.

Prévention : mise en place de systèmes de filtration d'air.

Micro-organismes

Les micro-organismes, ou champignons, font des ravages. Ils apparaissent lorsque certaines conditions sont réunies : humidité, chaleur, obscurité et poussière.

Prévention : contrôle de l'humidité relative et de la température grâce à la climatisation, dépoussiérage.

Insectes

Les insectes les plus nuisibles aux collections appartiennent à deux grandes familles : les xylophages qui mangent le bois (petites vrillettes) et les kératinophages qui s’attaquent aux tissus (mites), papiers (psoques ou poisson d'argent).

Prévention : tout objet arrivant à Gadagne est mis en quarantaine pendant 1 mois, dépoussiéré puis, si nécessaire, traité par anoxie ou aux rayons gamma.

Une prévention au quotidien !

A ces différents dispositifs de prévention, s'ajoutent :

  • une surveillance humaine hebdomadaire, 
  • un dépoussiérage des objets exposés et un nettoyage de l'intérieur des vitrines, une fois par mois, 
  • le signalement par l'équipe des agents de surveillance des salles des musées d'éventuelles anomalies.

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