La Saône et la Colline de Fourvière vues du quai Saint-Antoine
1852
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Cette imposante vue urbaine signée Antoine-Claude Ponthus-Cinier représente la rive droite de la Saône et la colline de Fourvière au niveau du pont du palais de Justice. Au premier plan l’artiste a figuré trois embarcations naviguant sur la rivière : à gauche une barque de pêche à la poupe de laquelle flotte un pavillon rayé bleu et blanc aux dimensions curieusement disproportionnées. Vient ensuite un canot à quatre rameurs remontant la rivière. Il croise une embarcation dont les occupants sont en train de hisser la voile, une bannière de couleur cramoisie enroulée à l’arrière.
Au second plan une passerelle posée sur quatre piliers de pierre enjambe la rivière. Elle relie la rive droite de la Saône où se dressent de gauche à droite le palais Saint-Jean, siège de l’archevêché, et le chevet de la cathédrale Saint-Jean-le-Baptiste. Dans l’axe du pont se dresse le nouveau palais de justice construit par Baltard Père en 1842 dont les 24 colonnes de la façade rappellent le passé antique de la ville. Viennent ensuite les immeubles de l’actuel quai Romain-Rolland réaménagé après la crue de 1840 selon un système de bas-port et de quai haut remplaçant l’ancien système à escalier. Plusieurs embarcations sont au mouillage sur la rivière. On distingue dans l’ombre du pont un bateau à aube et à vapeur, un bateau-lavoir appelé "platte" accueillant les lavandières de la Saône et un bateau à voile. Un peu plus haut sur le quai une bannière bleu et blanche fait écho au pavillon de l’embarcation du premier plan.
Sur la colline de Fourvière on reconnaît à gauche l’Antiquaille, ancien couvent des Visitandines transformé au 19e siècle en asile et hôpital et les bâtiments des nombreuses congrégations religieuses occupant le milieu de la colline. Au sommet domine le sanctuaire de Fourvière émergeant dans le ciel nuageux. Le soleil vient éclairer la façade blanche de la chapelle Saint-Thomas comme pour mettre en lumière l’imposante statue dorée de la Vierge commandée au sculpteur Fabisch en 1852.
L’artiste a choisi de représenter cette nouvelle perspective monumentale pensée sous la Restauration entre l’ancienne préfecture installée place des Jacobins, le palais de Justice et le sanctuaire de Fourvière. La passerelle du palais de Justice achevée en 1850 agit ici comme une ligne de force guidant le regard en direction de la statue de la Vierge et du sanctuaire de Fourvière, devenu le véritable "haut lieu" de la ville au milieu du 19e siècle.
Fiche technique
Signature du peintre et date sur le bordage de la barque au milieu
Huile sur toile encadrée
Hauteur : 70 cm
Largeur : 110 cm
Hauteur avec cadre : 90,5 cm
Largeur avec cadre : 130 cm
Gadagne, musée d’histoire de Lyon, inv. N 1466, don Bertrand
Restauré avec l’aide du Fonds régional d’aide à la restauration, cofinancé par l’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.