Deux vues de Lyon par Charles-François Nivard

Charles-François Nivard, Vue perspective des bords de la Saône en 1804, huile sur toile - © Matias Antioniassi

Les bords du Rhône à Lyon en 1804, Charles-François Nivard, huile sur toile, N° Inv. 408

Vue perspective des bords de la Saône en 1804, Charles-François Nivard, huile sur toile, N° Inv. 409

Ces deux huiles sur toile, signées Charles-François Nivard, datent de 1804. Elles figurent deux vues de Lyon prises des bords du Rhône et de la Saône. Ces vues témoignent du dynamisme de l’activité fluviale et de l’animation foisonnante qui se déroulent aux bords de ces cours d’eau, véritables artères de la ville à cette époque.

Ces toiles offrent une perspective similaire : vue des fleuves prises vers le sud, répartition entre la ville et le ciel, proportions des rives par rapport aux fleuves. Le peintre, non lyonnais, figure la ville sous une lumière matinale d’été et sous un ciel orageux : cette lumière nette et le spectacle des cieux changeants montrent Lyon sous son meilleur éclat.

Ces tableaux représentent des vues animées de Lyon au tout début du 19e siècle : le port aux bois sur le Rhône et le transport par bateaux sur la Saône. Ils figurent une ville des plus réalistes : couleur verte du Rhône, costumes des habitants, jalousies aux fenêtres des habitations, types d’embarcations, emplacement des moulins, etc.

Ils sont surtout un témoignage des différents métiers liés à la navigation.

Autour du Rhône, on assiste aux activités de flottage et de sciage du bois qui arrive de Savoie ou du Jura au moyen de radeaux aux dimensions impressionnantes. On remarque sur le quai opposé les moulins des meuniers ou des tanneurs et des teinturiers.

Autour de la Saône, s’alignent de nombreux bateaux amarrés et les bateaux lavoirs – ou plattes – des lavandières. L’ombre du premier plan est celle du pont du Change.

Sur la Saône, deux "penelles" transportent le foin destiné au fourrage des chevaux. La majorité des métiers liés à la navigation est présentée : outre les équipages, les crocheteurs assurent le chargement et le transport des marchandises, les modères halent les embarcations, tandis que passe le commis d’une maison de commerce. La ville est trépidante, l’activité s’organise.

Sur la gauche de chacun des tableaux, des oisifs sont absorbés par les scènes heureuses et bucoliques qui se déroulent.

Ces deux vues de Lyon participent d’une vaste commande du ministère de l’Intérieur à l’artiste : la reproduction de tous les ports de commerce de France ! Elles nous renseignent sur l’image que le peintre donne de la ville au tout début du Premier Empire (1804-1814) ; l’image d’une ville prospère au commerce florissant, au régime stabilisé et à la paix retrouvée.

Présentées au Salon de 1806, ces toiles entrent au musée du Louvre. En 1896, elles sont confiées au musée des Beaux-Arts de Lyon qui les dépose à Gadagne en 1921.

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