5 marionnettes à voir au MAM

Venez découvrir la collection du Musée des Arts de la Marionnette. Traditionnelle ou contemporaine, découvrez l’étendue du monde de la marionnette. De son origine, entre 4 000 et 1 000 avant J-C en Inde et en Chine avec les théâtres d’ombres, à ses techniques, ombre, gaine, ou fils en passant par ses évolutions au fil des siècles.

Au fil des salles, vous pourrez retrouver l’ensemble des époques, régions et techniques de marionnettes, qui rendent compte de la richesse de cet art.

Gadagne vous propose une sélection de ses œuvres parmi les plus marquantes.

Beeshu ou la critique politique

Au-delà de la critique burlesque, la marionnette peut également être reflet d’une contestation. C’est notamment le cas avec la marionnette Beeshu. Créée en 2011, lors du conflit syrien par le collectif Masasit Mati, elle tourne le pouvoir syrien en ridicule. Visage étroit, oreilles décollées, yeux rapprochés, cette caricature de Bachar Al-Assad apparaît la première dans le spectacle Top Goon.

Face au succès de la série, un spectacle itinérant est monté. Persécuté par les autorités locales, le metteur en scène et auteur Rafat Alzakout, qui a aussi tourné un documentaire sur le conflit, s’exile en Europe. Un choix d’engagement qu’il ne regrette pas : « Nous avons voulu regarder ce mur de peur en face de nous et le détruire. Nous avons utilisé le rire contre les armes ».

La marionnette d’origine est toujours en Syrie. Celle conservée au MAM est une 2e version réalisée en exil. A voir en lien avec la marionnette, une vidéo de l’auteur et des extraits du spectacle.

La marionnette Beeshu @Schwebel/Gadagne
La marionnette Beeshu @Schwebel/Gadagne

Krafff, l’art de l’éphémère

Présent dans la première salle du Musée, vous pourrez découvrir une marionnette qui se distingue par sa singularité. Baptisée Krafff, par ses créateurs, la compagnie du théâtre de Romette – Johanny Bert, elle est créée en 2017 à Lyon.

Cette marionnette tire ses origines de l’ouvrage « Sur le théâtre de marionnettes » (publié en 1810) de l’écrivain allemand Heinrich von Kleist (1777-1811). Ce qui, au départ, devait juste être une expérimentation intègre vite le répertoire de la troupe. A tel point que cette marionnette devient l’emblème de la compagnie qui adapte, depuis 2007, perpétuellement cette histoire.

Sa matière, en papier kraft, la rend très fragile et par définition éphémère. Une signature de la compagnie. Au-delà de l’aspect esthétique, cette matière permet la destruction des marionnettes à la fin de chaque spectacle. Une destruction créative qui reflète la conception de l’art vivant pour la compagnie.

La marionnette Krafff @Schwebel/Gadagne
La marionnette Krafff @Schwebel/Gadagne

Le foehn, poésie plastique

Dans la lignée du renouveau de la marionnette, le foehn de Phia Ménard, s’inscrit également dans ce courant. Réalisée à l’aide d’un sac plastique, d’une paire de ciseaux et d’un rouleau d’adhésif, cette marionnette à vent tire son inspiration d’un travail académique.

C’est au fil de ses lectures que Phia Ménard découvre une publication sur les interactions entre le foehn (le vent) et les comportements humains. De cette découverte découle une révélation. Ainsi débute son travail de recherche. En 2008, elle trouve l’inspiration à l’occasion d’une commande pour le Museum d’Histoire Naturelle de Nantes sur le thème du « mouvement ».

Pour la créatrice, « De la manipulation des sacs plastique, de leur évolution et leur transformation se développe un rapport de géniteur à marionnette. Ici commence alors l’aventure, nous suivons des rencontres fortuites au gré des phénomènes thermiques, une danseuse étoile naît sous nos yeux. »

La marionnette Le foehn @Schwebel/Gadagne
La marionnette Le foehn @Schwebel/Gadagne

O Veiculo, la modernité exacerbée

Le plasticien et metteur en scène Zaven Paré est allé encore plus loin. Connu pour concevoir des marionnettes électroniques depuis les années 1990, il passe un cap en 2002 en réalisant O Veiculo.

Cette marionnette est réalisée dans le cadre d’une commande de l’auteur Valère Novarina pour son spectacle La Scène. Fabriqué à partir des moulages de l’acteur Dominique Pignon, la marionnette clone remplit ainsi un rôle de « transporteur de la parole » selon son créateur.
Cette marionnette métallique se manipule par le son et la voix. Elle se distingue de la famille des automates grâce à son animation en temps réel. Elle est ainsi dépendante d’une action humaine. Son déplacement s’effectue quant à lui via une manipulation sur charriot.

La marionnette O Veiculo @Schwebel/Gadagne
La marionnette O Veiculo @Schwebel/Gadagne

Guignol, les origines

Cette sélection, non exhaustive au regard des 3000 marionnettes conservées à Gadagne, ne peut faire abstraction de sa pièce phare et incontournable : le Guignol de Laurent Mourguet. Présent dans le Musée aux cotés de Madelon et Gnafron, ils sont ici chez eux.
Au début du XIXe siècle, Laurent Mourguet, arracheur de dents après la révolution, cherche un moyen pour attirer les clients. C’est alors que lui vient l’idée de créer des marionnettes. L’idée de Guignol est née.

Ce qui devait être un médium devient vite la raison d’être de son créateur. Face au succès, Laurent Mourguet créé ensuite Madelon, Gnafron, inspiré du Père Thomas, qui l’accompagne alors au violon.

Au fil de l’histoire, la figure de Guignol connait de nombreuses évolutions. Synonyme de critique sociale au début du XIX, la censure napoléonienne le conduit progressivement sur un registre plus burlesque et à destination des enfants.

Aujourd’hui encore la figure de Guignol ne cesse d’évoluer. Emilie Valentin illustre cette appropriation contemporaine en adaptant le répertoire classique à travers la création de nouvelles pièces liées aux enjeux d’aujourd’hui.

Guignol est présent en fil rouge dans de nombreuses salles du Musée.

Le Guignol de Laurent Mourguet @Schwebel/Gadagne
Le Guignol de Laurent Mourguet @Schwebel/Gadagne

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